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dasdasd
 
 

"Avec le doute et la consternation vous êtes frappé Vous pensez qu'il n'y a aucune chance pour vous, mon fils? Pourquoi, les meilleurs livres n'ont pas été écrits La meilleure course n'a pas eu lieu, Le meilleur score n'a pas encore été obtenu, La meilleure chanson n'a pas été chantée, Le meilleur air n'a pas encore été joué, Réjouissez-vous, car le monde est jeune! Aucune chance? Pourquoi le monde est juste impatient Pour les choses que vous devez créer Son stock de vraie richesse est encore maigre Ses besoins sont incessants et grands, Il aspire à plus de puissance et de beauté Plus de rires, d'amour et de romance, Plus de loyauté, de travail et de devoir, Aucune chance - pourquoi il n'y a rien mais le hasard! Car le meilleur verset n'a pas encore été rimé, La meilleure maison n'a pas été prévue, Le plus haut sommet n'a pas encore été gravé, Les rivières les plus puissantes ne sont pas étendues, Ne vous inquiétez pas et vous inquiétez, Les chances ont juste commencé, Pour les meilleurs emplois n'ont pas été commencé, Le meilleur travail n'a pas été fait. "

Poèmes d'inspiration
 

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Le printemps de Jean-Antoine de Baïf Du printemps La froidure paresseuse De l'yver a fait son tems : Voici la saison joyeuse Du délicieux printems. La terre est d'herbes ornée, L'herbe de fleuretes l'est ; La fueillure retournée Fait ombre dans la forest. De grand matin la pucelle Va devancer la chaleur Pour de la rose nouvelle Cueillir l'odorante fleur ; Pour avoir meilleure grace, Soit qu'elle en pare son sein, Soit que present elle en face A son amy de sa main ; Qui de sa main l'ayant ue Pour souvenance d'amour, Ne la perdra point de vue, La baisant cent fois le jour. Mais oyez dans le bocage Le flageolet du berger, Qui agace le ramage Du rossignol bocager. Voyez l'onde clere et pure Se cresper dam les ruisseaux ; Dedans voyez la verdure De ces voisins arbrisseaux. La mer est calme et bonasse ; Le ciel est serein et cler ; La nef jusqu'aux Indes passe ; Un bon vent la fait voler. Les messageres avètes Font çà et là un doux bruit, Voletant par les fleuretes Pour cueillir ce qui leur duit. En leur ruche elles amassent Des meilleures fleurs la fleur : C'est à fin qu'elles en facent Du miel la douce liqueur. Tout resonne des voix nettes De toutes races d'oyseaux : Par les chams des alouetes, Des cygnes dessus les eaux. Aux maisons les arondelles, Aux rossignols dans les boys, En gayes chansons nouvelles Exercent leurs belles voix. Doncques la douleur et l'aise De l'amour je chanteray, Comme sa flame ou mauvaise Ou bonne je sentiray. Et si le chanter m'agrée, N'est ce pas avec raison, Puisqu'ainsi tout se recrée Avec la gaye saison ? Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) dans le recueil "Les Passe-temps"

La Noël. Poète : Jean Aicard (1848-1921) Recueil : Les Poèmes de Provence (1874). L'hiver resserre autour du foyer la famille. Voici Noël. Voici la bûche qui pétille ; Le « carignié », vieux tronc énorme d'olivier Conservé pour ce jour, flambe au fond du foyer. Ce soir, le « gros souper » sera bon, quoique maigre. On ne servira pas l'anchois rouge au vinaigre, Non, mais on mangera ce soir avec gaîté La morue au vin cuit et le nougat lacté, Oranges, raisins secs, marrons et figues sèches. Dans un coin les enfants se construisent des crèches, Théâtres où l'on met des pierres pour décor Et de la mousse prise aux vieux murs, puis encore Des arbres faits d'un brin de sauge, et sur ces cimes, Le long des fins sentiers côtoyant ces abîmes, Des pâtres et des rois se hâtent vers le lieu Où vagit, entre l'âne et le bœuf, l'enfant-Dieu. Lorsque naquit en lui la Parole nouvelle, Le blé vert égayait la terre maternelle. Or, dès la Sainte-Barbe, on fait (semé dans l'eau) Lever pour la Noël un peu de blé nouveau : Sur des plats blancs on voit, humble, verdir cette herbe, Gage mystérieux de la future gerbe, Qui dit : « Aimez. Croyez. Noël ! Voici Noël ! « Je suis le pain de vie et l'espoir éternel. » Si l'on vit loin les uns des autres dans l'année, Chacun du champ lointain, de la ville éloignée Arrive, à la Noël, pour revoir les parents, Les anciens, les petits qu'on retrouve plus grands ; Pour boire le muscat dont l'odeur donne envie ; Pour causer tous ensemble et se conter sa vie, Pour montrer qu'on n'est pas des ingrats oublieux Capables de laisser tout seuls mourir les vieux. « A table ! » - L'on accourt. La sauce aux câpres fume ; Le nougat luit ;… mais c'est une vieille coutume Qu'avant de s'attabler on bénisse le feu. La flamme rose et blanche avec un reflet bleu Sort de la bûche où dort le soleil de Provence, Et le plus vieux, avec le plus petit, s'avance : Ô feu, dit-il, le froid est dur ; sois réchauffant Pour le vieillard débile et pour le frêle enfant ; Ne laisse pas souffrir les pieds nus sur la terre ; Sois notre familier, ô consolant mystère ! Le froid est triste, mais non moins triste est la nuit ; Et quand tu brilles l'ombre avec la peur s'enfuit ; Prodigue donc à tous ta lumière fidèle : Qu'elle glisse partout où l'on souffrit loin d'elle, Et ne deviens jamais l'incendie, ô clarté ! Ne change pas en mal ta force et ta bonté ; Ne dévore jamais les toits couverts de paille, Ni les vaisseaux errants sur la mer qui tressaille, Rien de ce qu'a fait l'homme, et qu'il eût fait en vain, Ô feu brillant, sans toi notre allié divin. » Le vieillard penche un verre, et le vin cuit arrose La longue flamme bleue au reflet blanc et rose ; Le carignié mouillé crépite, et tout joyeux, Constellant l'âtre noir, fait clignoter les yeux. On s'attable. La flamme étincelante envoie Aux cristaux, aux regards, ses éclairs et sa joie ; Le vieux tronc d'olivier qui gela l'autre hiver Se consume, rêvant au temps qu'il était vert, Aux baisers du soleil et même à ceux du givre ; Tel, mourant dans la flamme, il se prend à revivre, Et l'usage prescrit qu'on veille à son foyer, Pour que, sans s'être éteint, il meure tout entier. Jean Aicard.

Je suis seul à présent, les autres sont sortis, Je suis étendu sur un banc contre le mur. J’aurais voulu entrer, Seigneur, dans une église ; Mais il n’y a pas de cloches, Seigneur, dans cette ville. Je pense aux cloches tues : - où sont les cloches anciennes ? Où sont les litanies et les douces antiennes ? Où sont les longs offices et où les beaux cantiques ? Où sont les liturgies et les musiques ? Où sont les fiers prélats, Seigneur, où tes nonnains ? Où l’aube blanche, l’amict des Saintes et des Saints ? La joie du Paradis se noie dans la poussière, Les feux mystiques ne rutilent plus dans les verrières. L’aube tarde à venir, et dans le bouge étroit Des ombres crucifiées agonisent aux parois. C’est comme un Golgotha de nuit dans un miroir Que l’on voit trembloter en rouge sur du noir. La fumée, sous la lampe, est comme un linge déteint Qui tourne, entortillé, tout autour de vos reins. Par au-dessus, la lampe pâle est suspendue, Comme votre Tête, triste et morte et exsangue. Des reflets insolites palpitent sur les vitres ... J’ai peur, - et je suis triste, Seigneur, d’être si triste. « Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? » La lumière frissonner, humble dans le matin. « Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? » Des blancheurs éperdues palpiter comme des mains. « Dic nobis, Maria, quid vidisti in via ? » L’augure du printemps tressaillir dans mon sein. Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs. Déjà un bruit immense retentit sur la ville. Déjà les trains bondissent, grondent et défilent. Les métropolitains roulent et tonnent sous terre. Les ponts sont secoués par les chemins de fer. La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées, Des sirènes à vapeur rauques comme des huées. Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors. Trouble, dans le fouillis empanaché des toits, Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats. Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne ... Ma chambre est nue comme un tombeau ... Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre ... Mon lit est froid comme un cercueil ... Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents ... Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle ... Cent mille toupies tournoient devant me yeux ... Non, cent mille femmes ... Non, cent mille violoncelles ... Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses ... Je pense, Seigneur, à mes heures en allées ... Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.

 
 
 

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